Guinée : une répression inacceptable, une transition mal engagée

Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat de plusieurs dizaines de militants de l’opposition démocratique par des membres des « forces de l’ordre » guinéennes.  Nous demandons à ce que toute la vérité soit faite sur ces massacres qui ne sauraient rester impunis. Cet évènement inacceptable témoigne de la dérive du pouvoir en place, qui s’était engagé début 2009 à organiser des élections rapides et affirmait ne pas avoir l’intention d’y prendre part. Depuis lors, les intimidations se sont multipliées à l’encontre des partis politiques, sans doute pour étouffer une contestation sociale et politique grandissante. L’organisation des élections ne progresse qu’à petits pas et la transition a déjà dépassé les délais que ses responsables avaient eux-mêmes fixés. Nous rappelons que la constitution guinéenne prévoit l’organisation d’élections dans les 60 jours qui suivent le décès du Chef de l’État, l’intérim devant être assuré par le Président de l’Assemblée nationale. Ce délai est très largement dépassé et la situation se dégrade. Plus que jamais, la tenue d’un scrutin susceptible de donner au pays une direction légitime démocratiquement apparaît comme nécessaire.

Pour revenir à l’ordre constitutionnel, il est impératif que la France et l’Union européenne tiennent un discours nettement plus ferme que celui adopté depuis un an. A peine dix jours après le coup d’État de décembre 2008, le secrétaire d’Etat à la coopération, Alain JOYANDET, décidait, sur la base d’engagements de la junte naïvement pris pour argent comptant, de ne pas suspendre la coopération bilatérale avec la Guinée. La France a annoncé ce mardi la suspension immédiate de sa coopération militaire. C’est bien le moins. A la lecture des événements récents, l’ensemble des relations bilatérales doit être réexaminée.

Le Parti socialiste affirme sa solidarité avec les partis politiques guinéens qui essaient, souvent à grands risques, de faire vivre l’espoir démocratique dans le pays.

Communiqué du secrétariat international