La septième réunion avec les banques : la comédie continue

En sept réunions avec les banquiers, Nicolas Sarkozy n’a toujours pas commencé à changer sérieusement  les règles d’un système qu’il dénonçait lui-même comme immoral.
Les six premières réunions n’avaient pas réussi à décourager la BNP de provisionner le cinquième du chèque de l’Etat pour rémunérer ses traders : 1 milliard d’euros, c’est-à-dire plus que le montant cumulé de tous les déficits des hôpitaux publics (800 millions d’euros) que le gouvernement prétend n’avoir pas les moyens de renflouer.. Les médias par le biais du journal Libération avaient débusqué les pratiques de la BNP Paribas. Qu’en est-il aujourd’hui de la Société Générale, du Crédit Agricole, du Crédit Mutuel, de la BPCE (Banque Populaire/Caisse d’Épargne) ? Nous n’en savons rien. Pour éviter cela il aurait suffi que l’Etat comme nous ne lui demandions entre au conseil d’administration des banques qu’il avait renfloué. Par négligence ou par complicité, Nicolas Sarkozy a toujours refusé cette décision.

Le jeu de dupe parfaitement réglé entre les banquiers et Nicolas Sarkozy se poursuit. Les premiers singeant le mécontentement en faisant semblant d’être « contraints » par de nouvelles règles du jeu, le second  renouvelant son énième numéro de Président volontariste et autoritaire.

La justice et la moralité auraient naturellement justifié de  taxer ces bonus quand on sait qu’ils sont calculés sur la performance financière des traders, elle-même souvent bâtie sur des destructions d’emploi et de richesse dans l’économie réelle.

Alors que des actes sont nécessaires, la seule décision a porté sur la surveillance des rémunérations des 100 traders les mieux payés des banques aidées par l’État. C’est plus qu’insuffisant. Pour que la politique des banques sur les rémunérations et les crédits change véritablement, il est nécessaire que l’État entre au capital des banques recapitalisées et pèse sur leur gestion. Il est également indispensable que les bonus soient lourdement taxés et contribuent ainsi à réparer les conséquences des dégâts sociaux dont ils se nourrissent.

Communiqué de
Benoît HAMON, Porte-parole