Point presse de Stéphane LE FOLL du 9 juillet 2007
- Le déficit des comptes publics
- Les collectivités locales pénalisées
- La fonction publique atteinte
- Le respect de nos règles face à la stratégie d’ouverture de N.Sarkozy
Le déficit des comptes publics
Ce n’est pas la présence annoncée de Nicolas SARKOZY à l’eurogroupe qui va changer la réalité économique et sociale de la France.
✓ Premier point majeur : le déficit de la Sécurité sociale atteint 12 milliards d’euros avec un dérapage par rapport au PLFSS de l’an dernier, de 4 milliards d’euros. La branche vieillesse de l’assurance maladie participe à ce déficit à hauteur de 4 milliards d’euros. La réforme FILLON ne produit pas les effets escomptés par le gouvernement
✓ Second point : la dette publique et l’endettement de la France. Au premier trimestre 2007, la dette aura augmenté de 33 milliards d’euros. Si l’on cherche à illustrer cela, c’est 100 000 euros par seconde. Si cela continue à ce rythme-là, la France ne sera pas en capacité de pouvoir maîtriser son endettement et son déficit budgétaire. Les mesures annoncées ne favoriseront que les plus aisés et n’aideront ni la consommation, ni l’investissement. Cette tendance lourde pour les comptes publics, fait que la dette est le deuxième poste budgétaire du pays avec 40 milliards d’euros.
Le déficit commercial continue de se dégrader et atteint 27 milliards d’euros. C’est une situation où notre pays dans ses objectifs et dans la réalité de ses comptes publics connaît de grandes difficultés, sans compter que les perspectives de croissance ne sont pas à la hauteur des enjeux. Le gouvernement par ailleurs, annonce des cadeaux fiscaux et un paquet fiscal, qui risquent de grever les finances publiques. Si on fait le point sur ses propositions, avec les heures supplémentaires sans cotisations, ce n’est pas ainsi que l’on pourra réduire les déficits des comptes, notamment ceux de la Sécurité sociale et des retraites. Pas de cotisations sur les heures travaillées supplémentaires, toutes les heures travaillées en plus, n’offrent aucun droit aux salariés et n’apporte aucune recette supplémentaire.
En reprenant la première page du journal Le Figaro de jeudi 5 juillet 2007, un graphique très explicite montre clairement que sur la question des déficits, dans les périodes où la gauche était au pouvoir, la maîtrise des dépenses de Sécurité sociale était assurée, alors que les gouvernements de droite les ont laissé filer de façon incontrôlée et irresponsable. Sous le gouvernement JOSPIN, après un déficit de 50 milliards de francs, (8 milliards d’euros), on a fini la législature avec un excédent. Pendant deux années de suite en 2000 et 2001. Tout cela pour dire que par rapport aux choix politiques en cours, il y a ceux qui agissent pour qu’il y ait un système de solidarité pérenne, et il y a ceux qui agissent en laissant filer les déficits, pour faire payer tous les assurés.
Les collectivités locales pénalisées
Toute cette politique qui fait que l’État aura de moins en moins de recettes et de plus en plus de difficultés à atténuer le déficit budgétaire et l’endettement, va se reporter sur les Collectivités locales. L’État va commencer à serrer la vis, en diminuant les dotations, en limant ainsi leur capacité à investir et à agir. Les cadeaux fiscaux avec le bouclier fiscal et autres mesures de ce type, vont empêcher les Collectivités locales d’agir. C’est en somme la même politique que celle menée depuis 5 ans. Sur cette question-là en perspective des élections locales, il y aura un débat majeur mené par le Parti socialiste et l’ensemble de ses élus.
La fonction publique atteinte
Face à cette situation, le gouvernement a l’idée de supprimer le nombre de fonctionnaires. Le chiffre prévisible est autour de 35 000 mais les premiers postes touchés seront ceux de l’Éducation nationale. Nous l’avions annoncé pendant la campagne électorale, entre l’ancien et le nouveau gouvernement, on est passé de 10 000 à 17000 suppressions de postes. En conséquence, la rentrée prochaine sera difficile, mais c’est surtout l’an prochain que l’impact de ces suppressions se fera sentir. On ne voit pas comment en effet, en supprimant entre 15 et 17 000 postes, on pourrait assurer ce qui a été indiqué par le Premier ministre, à savoir le tutorat et le soutien scolaire. C’est l’avenir de beaucoup d’enfants qui est en jeu à travers ces mesures. On remet en cause la capacité de la France de préparer dans de bonnes conditions, l’avenir de ses propres enfants.
En raison de la politique menée depuis 5 ans ; et en perspective de celle que l’on s’apprête à mettre en œuvre, le pays voit sa situation économique et fiscale se dégrader. C’est donc, avant tout, un retour aux réalités que nous entendons défendre. Car cette réalité va revenir très rapidement au coeur débat politique.
Le respect de nos règles face à la stratégie d’ouverture de N.SARKOZY
Nicolas SARKOZY avec les propositions qu’il fait, sous couvert de l’ouverture, mène avec beaucoup d’habileté ses chantiers. En ce qui concerne le Parti socialiste, nous voulons rappeler que nous sommes ouverts à toute discussion et à tout dialogue avec le gouvernement, pourvu que cela se fasse dans le respect. Respect de nos institutions, c’est-à-dire du Parlement, et dans le respect de l’opposition.
Si nous entendons être ouverts, nous souhaitons néanmoins que cela se fasse dans le respect de nos débats internes. Et, s’il y a des nominations, il faut que le gouvernement fasse la demande à l’opposition pour que nous puissions collectivement en délibérer et choisir les personnalités qui pourront participer. Nous demandons cela au nom d’un principe simple : de quoi allons-nous parler politiquement ? Quelles sont les questions posées ? Il faut que les discussions se fassent sur la base de ce que sont nos engagements. C’est pourquoi nous rappelons les règles et à la nécessité de les respecter. Réalité d’un côté et respect des règles, de l’autre.