Conférence sur l’emploi et les revenus : Effets d’annonce tardifs et poudre aux yeux

La tenue, à quelques mois de l’élection présidentielle, d’une conférence sur l’emploi et les revenus, relève davantage de l’illusion que de la réalité.

Il est consternant que cette majorité ait attendu plus de quatre ans avant de consulter les partenaires sociaux sur l’emploi et le pouvoir d’achat, et ce malgré tous les signaux envoyés depuis 2002 par les Français. Le fait que cette rencontre soit organisée après le vote du dernier budget de la législature confirme qu’il ne s’agit que d’une opération de communication.

Sur le fond, les mesures concrètes se limitent à trois annonces : une anticipée, une déjà négociée entre les partenaires sociaux et une qui ne verra pas le jour avant 2008.

Sur le SMIC, le Premier ministre s’est contenté d’anticiper la revalorisation prévue au 1er juillet, sans même annoncer un réel coup de pouce.

Concernant le logement, le gouvernement semble redécouvrir les vertus du système LOCAPASS, avec l’annonce de création d’un fonds de garantie, alors que la majorité n’a cessé d’en réduire la portée, en obligeant notamment les ménages à rembourser l’avance octroyée pour couvrir le dépôt de garantie. En outre, la création de ce fonds a déjà été négociée et conclue par les partenaires sociaux.

Enfin, le Premier ministre a annoncé la mise en place d’un crédit d’impôt à destination des Français non imposables pour l’emploi de salariés à domicile ; cette mesure, censée être soumise à la discussion avec les partenaires sociaux, ne verrait en tout état de cause pas le jour avant 2008 puisqu’elle n’est pas prévue par la loi de finances pour 2007.

Le rapport alarmant sur l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres et les dégâts du sous-emploi en France, que le CERC vient de remettre au Premier ministre, méritait une autre traduction politique.

Communiqué d’Éric BESSON,
Secrétaire national à l’Économie
Et à la fiscalité